Les cierges ainsi que les lampes à huile font partie intégrante de la vie liturgique chrétienne.

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Déjà dans l’Ancien Testament il est fait mention de ces objets : le service du Temple ne pouvait se faire sans lampes car le Seigneur lui-même l’avait prescrit (Exode 40,5-25) et n’oublions pas que l’une des plus grandes fêtes juives, Hanoukka, est directement liée à un miracle de lumières… La Bible fourmille de références à la lumière.

Juste après la création de la terre et du ciel, il est dit dans la Genèse que Dieu créa la lumière et la sépara des ténèbres. Elle lui obéit, elle est Son vêtement, elle est la manifestation de Sa Sagesse et le signe physique de Sa présence et dans les Psaumes, elle a un rôle eschatologique et guide l’homme vers le salut.

Les Evangiles ne sont pas en manque et on peut citer pour exemple cet extrait de Saint Jean (Jn 8,2) où le Christ nous annonce Lui-même « Je suis la lumière du monde, qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie ».

Dans les Actes des Apôtres, écrits qui datent vraiment des premiers temps du Christianisme et qui relatent comment s’installait la Tradition, il est question de supports de lumière tels que les lampes et les flambeaux (exemple dans Actes 20,8). Utilisés en quantité, ils montrent l’importance symbolique de la lumière qui ne servait plus seulement à éclairer le local mais également à illuminer les âmes par ce qu’elle pouvait évoquer. La « tradition Apostolique » de Saint Hippolyte de Rome mentionne le rite du Lucernaire qui précédait le repas rituel de l’agape où, le diacre ayant apporté une lampe, l’évêque au centre du groupe des fidèles louait Dieu pour ce don de lumière physique et spirituelle. Dans les offices orthodoxes, il y a un passage important des vêpres au cours duquel il est chanté que le Christ est « la Lumière joyeuse de la sainte gloire du Père immortel ». Tout au long de notre vie paroissiale nous sommes donc accompagnés par les cierges.              Dans l’ordo catholique, la Chandeleur (qui a la même étymologie que la chandelle) est célébrée par de grandes processions où brillent les bougies qui illuminent la Présentation au Temple. Le cierge pascal est l’un des points d’orgue de la Vigile pascale.

De même, dans  le rituel orthodoxe, le cierge a une charge symbolique importante.  Les fidèles sont bénis au cours des liturgies pontificales par leur évêque qui fait le signe de croix au-dessus des têtes inclinées avec, dans les mains, deux chandeliers particuliers appelés dikerion (porteur de deux bougies symbolisant les deux natures du Christ) et trikerion (porteur de trois bougies pour évoquer la Trinité). Au commencement du parcours chrétien, les fonts baptismaux sont surmontés de trois cierges pour indiquer que le sacrement est réalisé au nom de la Trinité et les parrains et marraines tiennent une bougie pour signifier que leurs filleuls sont sortis des ténèbres et sont prêts à brûler pour Dieu. De même, lors du mariage, les mariés gardent à la main un cierge allumé en signe d’amour et d’engagement béni par l’Eglise. Lors de l’office de l’onction, les sept cierges qui sont utilisés symbolisent les sept dons de l’Esprit Saint. Enfin, pendant les funérailles, le défunt est accompagné par des bougies, brûlant autour du cercueil ou bien dans les mains des participants qui prient pour que l’âme de la personne qu’ils pleurent trouve le chemin vers la lumière du Royaume.

Rien n’est donc anodin dans l’utilisation des cierges. Si nous suivons le conseil du saint apôtre Paul, nous devons nous efforcer à être « à présent lumière dans le Seigneur » (Eph.5, 8) et la bougie allumée avec dévotion et humilité est alors le reflet de notre désir de nous fondre dans l’Amour lumineux de Dieu.